Le rêve précède toujours la réalité.

2014-07-15 – Fantômes urbains à l’horizon

Ainsi donc, quinze ans (sinon plus) après la prise de décision, on commence à prendre conscience du gigantesque problème que constitue, à Montréal, la requalification de l’Hôtel-Dieu et du Royal Victoria, hôpitaux à abandonner pour cause de CHUM et de CUSM.

On a décidé, comme ça, qu’on créerait deux beaux grands hôpitaux super-spécialisés, plus grands que tout ce qui se fait maintenant ailleurs en Occident et qu’on abandonnait les deux vieux hôpitaux.

Et puis après ? Euhhhh…

Aujourd’hui à Montréal, après une incroyable saga, des dépassements de coûts pharamineux et des malversations épiques, on est rendus au «puis après». Et brusquement, beaucoup de monde commence à comprendre que la requalification des deux anciens campus, ça ne se fait pas en criant lapin, et encore moins en criant ciseaux.

Ça va coûter au moins un milliard à ce qu’on dit, avant même de savoir exactement ce qu’on va en faire. Dans le cas du Royal Vic, chance, McGill pourrait en hériter, semble-t-il. Est-ce que ça va se transformer en «Îlot Voyageur» pour McGill ? L’histoire le dira. Mais pour l’Hôtel-Dieu, les paris sont ouverts.

On parle d’y amener de l’habitation, des fonctionnaires et un hôpital de 150 lits. Tiens, tiens ! Air connu.

À Québec aussi…

… on se prépare à édifier un super hôpital, sur le terrain de L’Enfant-Jésus. Un hôpital plus gros que tout ce qui se construit actuellement en Amérique du Nord. Ailleurs, on pense qu’on a déjà joué dans le film des gros hôpitaux et que c’était un mauvais film. Mais bon, ici, le gouvernement ne veut pas lire les critiques de cinéma d’ailleurs.

On va déserter L’Hôtel-Dieu de Québec (L'HDQ) pour réaliser ce beau plan. Et que propose-t-on pour réoccuper le campus ? Un hôpital de 150 lits, de l’habitation et des fonctionnaires.

Quelle belle symétrie.

Et ce qu’il y a d’amusant dans cette symétrie, c’est qu’on a proposé de déplacer, notamment, l’Institut national de Santé publique, l’INSPQ, dans les murs de L’HDQ pour le repeupler après la désertion. Or, au cours des derniers jours, on a proposé de déménager dans les locaux de l’Hôtel-Dieu de Montréal… l’Institut national de santé publique. L'INSPQ, c’est commode, non  ?

Le spectre du fantôme

À Montréal, on évoque maintenant de futurs «fantômes urbains», parlant de l’Hôtel-Dieu et du Royal Vic. Lisez Le Devoir à ce sujet et prenez connaissance du Deuxième rapport du Groupe d’experts sur l'avenir des bâtiments hospitaliers excédentaires de Montréal. Ça donne à réfléchir.

À Québec, seuls les clairvoyants ont évoqué cette image fantomatique pour un HDQ vidé de sa substance. Espérons que les décideurs joindront le camp des clairvoyants.

Bref, le déménagement de L’HDQ à l’Enfant-Jésus est une erreur à tous points de vue : dispensation des soins, qualité des services médicaux, coûts d’opération hospitalière, dépenses d’immobilisation, urbanisme, histoire et patrimoine. Le CCVQ est évidemment opposé au déménagement de L'HDQ et s'active, discrètement mais résolument, à faire modifier cette malheureuse décision.

Un des plus gros obstacles à une prise de conscience des décideurs ? Les préjugés et les idées reçues sur le Vieux-Québec. On y reviendra au cours des prochaines semaines.

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